Chinoiseries

Pour atteindre un but, il faut l’abandonner

printemps 2020, Marie-Pierre Dillenseger, praticienne des arts chinois, postait des vidéos depuis sa retraite parisienne. Elle y proposait une lecture de la crise sanitaire, passée au filtre des disciplines de la Chine ancienne. Elle synthétise son approche en la nommant : « l’art de chevaucher le temps et l’espace pour prendre sa place ». En l’écoutant et en la lisant, je pensait à la notion d’alignement des astres, ce qu’on appelle se trouver « au bon endroit et au bon moment ». Son approche réunit beaucoup des conclusions auxquels je suis arrivée en termes de restauration et d’entretien de l’énergie personnelle et en termes d’écologie :

Agir au plus juste en lien avec son environnement pour ne dépenser que l’énergie strictement nécessaire.

C’est après plus de 10 ans de pratique du yoga que j’ai commencé à sentir dans mon corps combien je tenais certaines postures par la force, à des endroits inappropriés. Relâcher le corps, respirer, se projeter mentalement dans la posture et ne tenir que ce qui est nécessaire procure un merveilleux sentiment d’alignement. La recommandation, de Marie-Pierre Dillenseger de préserver avant tout son écologie personnelle, m’a soutenu dans les moments où j’en avais le plus besoin. Très vite aussi, dans le travail que j’ai mené avec ma guide aux yeux dorée, elle m’a interrogée sur « la chose la plus difficile pour moi à entreprendre » :

« Ne rien faire » ai-je répondu.

Ces mots venus du plus profond de mon inconscient m’ont pris par surprise. J’étais bouleversée. La lecture en parallèle du livre de Dany Gerbinet, Le thérapeute et le philosophe (2017) a été transformatrice. J’ai aimé la qualité de son écriture et la limpidité de son propos qui m’a familiarisé avec l’approche systémique de Gregory Bateson, la pratique du lâcher-prise et la philosophie du non-agir inspiré du taoïsme. J’avais beaucoup exploré et pratiqué ces deux dernières années les pratiques de visualisation. Il était temps à présent de laisser faire.

Je notais ces mots en particulier lors de cette lecture :

Le lâcher-prise a quelque chose à voir avec le fait de renoncer aux efforts que nous faisons pour changer. Ici encore, la thérapie systémique et stratégique prend le contre-pied d’une croyance largement répandue dans notre modèle culturel : la valorisation de la notion d’effort. Il faut faire des efforts pour obtenir ce qu’on veut, il faut faire des efforts pour changer, il faut faire des efforts pour résoudre un problème. […] Le lâcher-prise, le renoncement aux tentatives de solution, c’est donc le renoncement aux efforts. Cela correspond au laisser-faire. Non pas au sens d’un laisser-aller coupable et négligent, d’une dérive dangereusement irresponsable, mais au sens d’une acceptation des processus naturels, d’un abandon au Procès. […] Et lorsque ce renoncement s’accomplit, lorsque l’on cesse de rester le regard fixé sur le but, celui-ci peut se porter ailleurs. Alors le champ des possibles s’ouvre. De nouveaux chemins, insoupçonnés, s’offrent à nous. Et l’on découvre ce qui a toujours été là et que nous n’apercevions plus : le monde autour de nous. Dany Gerbinet, Le thérapeute et le philosophe, 2017, p.107–109.

Il venait confirmer ce qui s’était exprimé en moi et m’autorisait en quelque sorte à aller dans cette voie du non-agir, bien loin des limites du « Dans la vie, on a pas le choix »

Ces expériences, et la lecture de ces auteurs, enrichissent ma réflexion sur la demande d’aide en général et la demande de coaching en particulier et me permettent d’affiner toujours plus la façon dont j’accompagne les personnes en quête d’évolution.

J’accompagne les organisations et les leaders à apprivoiser la complexité et à identifier leurs appuis pour libérer leur créativité au service du collectif.

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